Le Tube de Coolidge
Lu pour la sélection des 68 Premières fois, ce roman de Sonia Hanihina constitue pour moi un véritable uppercut littéraire. Par son récit, par sa forme, par tout ce à quoi il nous confronte et surtout par sa puissance et son courage.
C'est à travers les radiographies médicales de sa mère Jeanne que Mona, la narratrice, nous ouvre les portes de son parcours à la conquête de son identité. Comment se construire en effet au sein d'une double culture, française par sa mère, tunisienne par son père Yacine dans les années 1960?
Comment grandir et s'épanouir quand, dès son plus jeune âge, on est confrontée à la violence d'un père, aux coups qui s'abattent sur sa mère et sur son petit frère Elyas quasi quotidiennement tout en étant soi-même "épargnée"?
Tout ceci et tellement plus encore, Mona nous le livre en toute sincérité. Sans fards, sans mélo. Et en même temps ce texte est une immense et profonde déclaration d'amour. A Jeanne, à Elyas qu'elle n'a pas su protéger, à la Tunisie aussi et à Yacine, à la fois victime et bourreau.
Le tube de Coolidge est un tuyau utilisé en médecine pour pratiquer certains examens. A la lecture de ce roman, on comprend mieux pourquoi l'autrice l'a choisi. La médecine, les termes médicaux, les comptes-rendus d'examens y sont très présents pour nous confronter aux horreurs subies par Jeanne et à la chute de Yacine, médecin pourtant promis à un brillant avenir.
Cette lecture m'a littéralement tenue en apnée, bouleversée à un point inimaginable et profondément émue. Je vous la recommande.
Paru aux éditions J.C. Lattès.
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