Les amers remarquables

Publié le par Martine

Les amers remarquables

Décidément cette nouvelle sélection des 68 premières fois démarre très fort. Deuxième lecture et deuxième uppercut pour moi. Même si différent du premier, je le concède.

Au début des années 1960, Marie-Emmanuelle a 7 ans. Elle vit sa vie de petite fille tranquille à Berlin entre son père, Pierre, fonctionnaire international, et sa mère, Gabrielle, femme au foyer au caractère un peu fantasque, qui aime s'habiller comme un homme, est coiffée à la garçonne coupe courte façon Jean Seberg. Marie-Emmanuelle est heureuse ainsi même si parfois elle ne comprend pas vraiment les fantaisies maternelles et qu'elle aimerait que celle-ci soit plus disponible, plus à son écoute, que les histoires qu'elle lui lit le soir avant de se coucher soient plus longues. Alors, pour compenser, la fillette se plonge dans la lecture de "Jane Eyre". 

Mais la vie n'est jamais un long fleuve tranquille. Marie-Emmanuelle s'en rend compte lorsqu'elle est "éloignée" à Paris le temps de la naissance et des premiers mois d'existence de son petit frère. Un bébé dont elle n'a nullement souhaité la présence et une séparation qu'elle ne comprend pas et qui lui fait découvrir un nouvel univers, une nouvelle atmosphère, une nouvelle façon de vivre.

Cette séparation, cet éloignement ne va constituer hélas pour la petite puis jeune fille que la première d'une longue série ponctuée par les absences inattendues de Gabrielle. Où? Pourquoi? Comment? Elle ne le sait pas. Et quand on ne sait pas, on s'imagine beaucoup de choses et pas forcément vraies. La culpabilité n'est pas loin dès lors. Et ce sentiment, quand il est là, a bien du mal à s'effacer.

Cette histoire, c'est celle d'une relation mère-fille, pas plus compliquée qu'une autre, mais de celles qui interrogent que ce soit l'auteur, Emmanuelle Grangé, ou les lecteurs. C'est l'histoire d'une famille pas très traditionnelle mais où l'amour que se porte les parents, avec ses bons et ses moins bons moments, domine celui porté envers les enfants, ou tout du moins, pour Marie-Emmanuelle, envers elle qui garde cette frustration, cette impression d'avoir été lésée sans en connaître la raison et dont elle se croit responsable.

Ce roman paru aux éditions Arléa, c'est tout un poème, à la fois doux, tendre et un brin nostalgique. C'est l'histoire d'une enfance et d'une quête, d'un besoin d'affection comme on en ressent tous. C'est sans doute ça qui en fait toute la beauté.

Les amers remarquables
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M
Ha l’enfance et son monde si particulier, qui prend une forme très personnelle selon son ressenti... Il y en a a dire, et à écrire...
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M
Oh oui! Et quand c'est bien écrit comme ici, c'est une émotion supplémentaire pour le lecteur!
P
Je serais bien intéressé par celui-ci, même si je ne le connais pas.
Bonne soirée.
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M
Alors pas d'hésitation! Bonne journée, Philippe
M
Encore une belle lecture donc...Merci pour ton enthousiasme, j'ai souvent pensé que les auteurs donnaient beaucoup dans leurs premiers romans, ça se vérifie ! Bon après-midi Martine et merci pour ce partage
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M
Tu as sûrement raison, Manou. En tous cas, c'est bien le cas pour les deux premiers lus dans la sélection des 68 et ça semble se vérifier encore avec le troisième commencé hier. Bonne journée!