La porte rouge

Publié le par Martine

Ce qu'il y a de bien avec la littérature pour ados, c'est qu'on peut tomber sur de vraies perles, qui savent parler de sujets graves avec juste la touche de sensibilité nécessaire.

Pour avoir déjà apprécié l'écriture de Valentine Goby, auteur de cette belle "Porte rouge", je savais que la rencontre ne serait pas manquée lorsque j'ai ouvert ce roman paru aux éditions Thierry Magnier hier soir.

Publiée dans la collection Photo Roman dirigée par Jeanne Benameur et Francis Joly, cette histoire s'inspire de photographies, en l'occurrence ici celles d'Hortense Vinet, et se tisse photo après photo.

Dans "La porte rouge", toutes les photos nous sont montrées au début du livre: une fenêtre fermée sur l'extériueur, une cité HLM, un coureur, des vues sur un paysage de campagne, un paysage marin à travers un rideau, des pieds, un trou dans un mur, des traces de pas, des corps et un lever de soleil...

Toutes ces photos nous mettent déjà dans une ambiance et nous préparent à accueillir le texte de Valentine Goby...

 

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Depuis le 29 juin, Dora, jeune fille d'une quinzaine d'années, ne sort plus de chez elle. Malgré la chaleur d'août dans cet été qui n'en finit pas, malgré l'inquiétude bien légitime de sa mère qui ne comprend pas cet isolement.

A longueur de journée, la jeune fille observe la vie qui se déroule à l'extérieur des murs de son immeuble HLM, se douche quatre fois et continue de se vêtir en mini jupe.

Dans un bâtiment voisin de sa cité, vit Charlie, jeune garçon à peine plus âgé que Dora. Apprenti jardinier, il a pris l'habitude de courir tous les soirs en rentrant chez lui puis de se poser à l'abri d'un mur pour grignoter un paquet de chips et boire une canette de soda qu'il jette ensuite à travers un trou de ce mur avant de remonter dans son appartement.

C'est cette canette qui atterrit de son côté du mur, à répétition chaque soir, que Dora finit par remarquer. Cette même canette qui la pousse à sortir pour aller dire son fait à ce pollueur caché. Et cette même canette qui va réunir ces deux jeunes gens déjà blessés par la vie...

 

Ce qu'il y a de bien avec l'écriture de Valentine Goby, c'est qu'elle sait entrer dans l'intime de ses personnages en leur offrant toute la place dont ils ont besoin. C'est ce que j'ai retrouvé avec grand plaisir dans cette lecture.

La place que ces deux jeunes gens occupent par leur présence corporelle d'abord, qu'ils tiennent à occuper, chacun à sa façon; Dora par  le fait de continuer à s'habiller comme elle le souhaite malgré les railleries, les gestes obscènes et le terrible avertissement dont elle a fait l'objet au sein même de sa cité et derrière cette fameuse "porte rouge", et Charlie, par son refus de changer d'orientation professionnelle malgré la dure pression paternelle, ses courses effrénées et encore plus épuisantes par la chaleur estivale et cette canette bue soir après soir et lancée par-delà le mur comme un appel, comme on jetterait une bouteille à la mer.

Présence du corps encore par la rencontre entre ces deux solitudes volontaires. Apparition d'une main tendue, puis d'un visage, et du corps tout entier. Corps aimés et réunis pour affronter, seuls cependant, le mal qui les ronge.

 

Ces mots, ce texte, Valentine Goby les a calqués sur ces photographies avec une telle évidence qu'ils n'auraient pas pu être autres. Cette histoire, on se rend compte après coup qu'on l'attendait, ni pire, ni meilleure que la façon dont elle nous est confiée!

C'est un poème, une ode à la jeunesse, un véritable hymne à la vie qui doit triompher!

Une perle littéraire, vous dis-je!...

Publié dans lectures jeunesse

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P

Coucou Martine,


Oh merci ! Ce livre vient à point, je vais l'offrir le plus rapidement possible...


Gros bisous, ma chère amie, et bonne semaine à toi.
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M


Ah! Super, mon amie!!!


Merci! Très bonne journée à toi aussi et


Gros bisous!!!