Alors j'étais mort et je vous observais...

Publié le par Martine

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Du narrateur de ce court roman de Philippe Napoletano paru aux éditions D’un Noir Si Bleu, on ne connaît pas le nom. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a décidé de mourir ce soir, juste après que la fête de Noël soit terminée, et que, du coup, cette décision lui permet de poser un regard extérieur assez distant sur les membres qui composent sa famille.

Parmi eux, il y a d’abord ses parents qui ont élevé leurs trois enfants du mieux qu’ils ont pu, avec les quelques moyens à leur disposition, sans en faire des génies ou des voyous, des parents normaux, comme la plupart des parents.

Puis il y a P, Pierre, le fils aîné. Celui à qui tout semble réussir et qui rêve de diriger le club de foot local. Pierre est marié à J, Juliette, qui se contente de vivre dans l’ombre de son mari, une petite vie tranquille, sans éclat mais aussi sans abime.

Et enfin il y a la petite sœur, N, Nathalie, qui visiblement a eu du mal à trouver sa place au sein de la fratrie et qui cherche du réconfort plus souvent qu’à son tour dans la drogue, la dure, celle qui « pique ».

Au sein de cette famille oscillant entre classique et un peu hors bord, se situe notre narrateur. On devine que c’est un garçon, le cadet. Mais de lui, il ne parle pas beaucoup, ou trop. On ne sait pas vraiment. Tout ce qu’on ressent à travers son récit, c’est un sentiment d’oppression, d’urgence, qui nous pousse à tourner une page, puis une autre, et encore une autre… sans parvenir à se détacher de cette lecture.

L’épée de Damoclès que nous a imposée le narrateur en nous faisant partager sa décision de quitter cette terre après la fête nous oblige à nous recentrer sur ce qui nous semble l’essentiel : notre famille proche. Le récit est à la fois dense et d’une lucidité imparable. On ne peut que se sentir troublé par cette intimité voulue par le narrateur et, tout à la fois, on voudrait ne pas se sentir aussi proche de ses pensées les plus secrètes et du regard apparemment froid et distant qu’il porte sur son proche entourage.

Avec ce roman, Philippe Napoletano nous offre un texte d’une grande qualité d’écriture à la fois dure et sensible qui nous touche au plus profond de nous. Et nous pousse à la réflexion sans en avoir l’air. Du bel art…

 

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jacqueline 08/06/2012 10:42


Merci bien pour cette critique. Comme d'habitude, je note, je note. Bien bousculée en ce moment, mais je lis encore beaucoup. Bien amicalement, Jacqueline