La vie devant moi

Publié le par Martine


J'ai une histoire avec ce livre. Non pas que j'ai encore "la vie devant moi" (un peu moins maintenant il me semble ;o) mais plutôt parce que j'ai commencé la lecture de ce texte de Soukaïna Oufkir cet été, fin août. Et je l'ai posé. D'autres lectures m'attendaient, pas forcément plus réjouissantes, mais dont le thème m'interpelaient plus ou correspondaient davantage à mon état d'esprit d'alors.
Et puis, dimanche, une pile de livres menaçant de s'effondrer dans ma chambre, j'ai pris le temps de les classer et je suis "retombée" sur ce roman que j'ai fini de lire d'une traite.
Soukaïna Oufkir est la quatrième fille du général Mohamed Oufkir, ancien ministre de l'Intérieur du Maroc dans les années 1960-1970. Son poste haut placé l'a entraîné dans les secrets les plus absolus, tellement qu'il en est assassiné et que sa famille, sa femme, ses enfants, est enfermée.
Soukaïna n'a que 9 ans lorsque ce drame arrive. Par sa voix, nous découvrons l'horreur de cet enfermement, l'espoir si souvent déçu d'être enfin entendus du roi Hassan II. Et puis la promiscuité avec les géôliers, les changements de lieux pour ne pas prendre le risque de les situer, ces parcours longs, si longs dans le désert marocain, avec la soif au ventre, la faim, les besoins naturels à maîtriser. Et aussi les petits bonheurs familiaux, les rivalités, les jalousies, l'incompréhension. Soukaïna est enfermée avec sa mère et ses frères et soeurs. Cet isolement va durer 19 ans 1/2. C'est long, horriblement long. Elle grandit, connaît les affres de l'adolescence dans cet isolement, devient une belle jeune femme. Et en elle, toujours ce désir bien légitime de partir, s'évader. Surtout ne pas se résigner.
Sa liberté, Soukaïna va la retrouver. Au bout d'une fuite effroyable, en passant par le tunnel qu'avec ses soeurs, elle a creusé, creusé et creusé encore. A ses côtés, on éprouve cet acharnement à avancer, sans se retourner, même si la peur nous tenaille au ventre.
J'ai lu ce livre dans le cadre de mon challenge ABC 2008 lettre O. C'est un témoignage vibrant, poignant, une vie et des destins qui nous paraissent inimaginables. Et pourtant, ça s'est passé au 20e siècle, à quelques décennies d'aujourd'hui et à quelques petits milliers de kilomètres de chez nous seulement.
Sincèrement j'ai aimé cette écriture à la fois crue et sensible, humaine tout simplement.
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S
Belle et cruelle histoire ! Je renvoie ADRIEN rapidos !!!
biz
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D
il faut du courage pour vivre dans ces prisons marocaines cela doit être dur....bizzz à+
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