Lucie Lumière

Publié le par Martine

Lucie Lumière

C'est l'histoire d'une jeune fille, j'ai envie d'écrire fillette car à 12 ans c'est encore ce qu'on est me semble-t-il même si la vie s'est chargée de vous faire grandir trop vite et même si, en plus, elle vous a dotée d'un physique agréable et prometteur, source, bien malgré vous, de nombreuses convoitises.

C'est l'histoire de Lucie, petite jeune fille de 12 ans, en cette année 1963. Orpheline, placée à l'Assistance publique, adoptée par la famille Collange, paysans auvergnats résidant à Cussac-sur-Monge et spécialisés dans la culture de l'ail rose, histoire de toucher un petit pécule supplémentaire devant à l'origine pourvoir à son éducation. Il y a là le père, Arsène, rustre, grossier personnage ne sachant pas prononcer une phrase sans l'accompagner d'un juron bien sonore. Puis la mère, Marie-Joséphine, fille unique des merciers du village, mariée à Arsène pour réparer vite fait une grossesse malvenue et qui s'en repent inlassablement depuis. Tous deux forment un couple désassorti, plein de rancoeur et de griefs l'un vis à vis de l'autre et sont les parents de Roland, 16 ans, appelé à prendre la succession à la ferme familiale, et d'Edith, 13 ans, fille de la maison, fainéante, à qui tout est dû, un peu bécasse et qui n'essaie même pas d'avoir de bons résultats au collège où elle est scolarisée dans la même classe que Lucie. Lucie qui, elle, au contraire, est brillante, n'aime rien que lire et s'acquitte du mieux qu'elle peut des tâches qui lui incombent plus souvent qu'à son tour à la ferme.

Pour compléter ce tableau, tout sauf idyllique, se trouvent aussi à la ferme, Eugénie, la bonne à tout faire, et Marcel, 18 ans, employé par la famille Collange, mal dégrossi et ayant déjà repéré la beauté naissante de Lucie. Sans oublier le doux Clément, collégien lui aussi, poète à ses heures, qui rêve de devenir écrivain et va transmettre cette envie à Lucie, révélant ainsi sa vocation.

Ce roman, signé Gérard Georges pour la collection des Terres de France des Presses de la Cité, c'est une année dans la vie de Lucie, cette année 1963 qui va se révéler décisive. C'est également une plongée au coeur de la France profonde, celle des gens qui vivent et travaillent de la terre et de ses ressources. Ces gens simples, qui n'ont pas forcément reçu l'instruction nécessaire par manque de temps, de volonté ou paresse, qui s'en trouvent très bien et n'en voient pas la nécessité pour les autres, à commencer par leurs enfants "Ce qui ne m'a pas manqué ne leur manquera pas." 

Ce roman, c'est toute une galerie de portraits, certains truculents, d'autres parfaitement abjects, d'autres encore entre deux, ni bons, ni mauvais, simplement humains. Des portraits superbement tracés au point de nous donner l'impression d'être nous-mêmes transportés en cette année 1963, dans cette campagne auvergnate, plongés au milieu de ces villageois et en particulier au sein de cette famille Collange, au côté de Lucie.

Ce roman, c'est aussi celui d'une vocation, d'un désir, d'une envie, d'une volonté d'aller de l'avant, de réussir par soi-même et de le montrer à la face du monde comme une revanche nécessaire. C'est un rêve d'écrivain qui ne demande qu'à s'affirmer, se réaliser. 

Et c'est aussi, et surtout, l'émouvant portrait d'une jeune fille, femme en devenir, belle, réfléchie, intelligente et qui ne peut compter que sur elle pour devenir celle qu'elle veut être.

Et tout ça servi par une très belle écriture, franche, puissante, vraie et toute en sensibilité.

 

Lucie Lumière
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Philippe D 02/11/2018 20:56

Je ne connais pas, mais d'après ce que tu en dis, je suis sûr que ce livre me plairait.
Bon weekend.

Martine 03/11/2018 15:43

Je l'espère, Philippe! Lucie est vraiment une jeune personne à connaitre! Bon week-end aussi!

MAnika 02/11/2018 20:31

ça fait longtemps que je n'ai pas lu terroir ... mais en ce moment c'est compliqué de lire...

Martine 05/11/2018 08:26

Comme je te comprends! Je te renouvelle mes souhaits de bon courage et te souhaite de vite retrouver la pêche!

MAnika 04/11/2018 11:19

Oui moi aussi je lis tous les soirs mais tellement fatigué que je m'endors sur mon livre et dans la journée pas le mets de m'accorder un pause en ce moment .... ça reviendra dans un mois on pourra souffler

Martine 03/11/2018 15:41

Oh! mince alors! Moi, ça m'aide énormément. Bon courage, Manika!