La maison à droite de celle de ma grand-mère

Publié le par Martine

La maison à droite de celle de ma grand-mère

"La maison à droite de celle de ma grand-mère est rouge, celle de gauche est bleue. Celle qui se trouve en face de la porte d'entrée est jaune. La nôtre est verte. (...)" Ce panel de couleurs ne vous évoque rien? Pour moi, si! C'est la beauté colorée des petits villages d'Italie, des Cinque Terre, des villages de pêcheurs et, en l'occurrence, de la Sardaigne. Cette île italienne que je ne connais pas et où j'espère bien aller un jour. Cette île pittoresque découverte à travers l'oeuvre littéraire de Milena Agus, Michela Murgia, Marcello Fois et, à présent, Michaël Uras.

De cet écrivain d'origine sarde par son père, j'ai déjà lu "Aux petits mots les grands remèdes", "Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse" et cette "Maison à droite de celle de ma grand-mère". Trois romans, trois belles lectures, différentes par leur sujet et se retrouvant toutes les trois autour de cette Sardaigne. Comme un point d'encrage...

Cette maison verte, Giacomo, jeune traducteur installé à Marseille, y revient pour profiter encore un peu de la présence de sa grand-mère dont les médecins ont annoncé la fin imminente à sa famille. Certes, depuis qu'il vit en France, Giacomo a rendu régulièrement visite à sa famille. Mais c'était, à chaque fois, pour quelques jours. Il est toujours retourné à sa vie en métropole. 

Mais voilà, cette fois-ci, tout est différent. Les souvenirs s'invitent aussi à ce dernier rendez-vous. Les émotions affluent, et pas toujours au bon moment! Les langues se délient aussi. Ou pas. Il y a d'abord sa mère, Maria, qui, passée l'émotion des retrouvailles, remet sur le tapis son incompréhension liée au départ de son fils. Il y a son père bien sûr, Mario, un homme taciturne, qui ne parle que lorsque c'est nécessaire. 

Dans cette galerie de portraits tous plus attachants les uns que les autres, se trouvent aussi Gavino, l'oncle à la présence plutôt envahissante, Fabrizio, l'ami d'enfance à la santé délicate, Manuella, la belle épicière dont Maria a toujours été plus ou moins jalouse sans que Giacomo n'en comprenne la raison, Alessandra, la jeune infirmière aux petits soins pour la grand-mère du jeune homme qui, bien qu'il s'en défende, aimerait bien attirer aussi son attention. Et enfin, au milieu de tous ces personnages, figure aussi le Capitaine, cet homme, pêcheur de son état, à qui Giacomo inventait mille aventures quand il était enfant et avec qui il va maintenant faire vraiment connaissance.

Car, contre toute attente, par chance ou pour contrarier son monde une dernière fois, la grand-mère ne meurt pas. Elle prend son temps. Au grand dam de Giacomo qui a laissé en plan une traduction importante et qui subit jour après jour les rappels de son éditeur. Giacomo qui finit par faire contre mauvaise fortune bon coeur, qui apprécie même de plus en plus ce séjour prolongé et qui finirait presque par en vouloir à sa grand-mère si celle-ci passait maintenant de vie à trépas. 

Heureusement, grâce aux soins et à l'attention du Dr Ignazio, cela ne semble pas pour demain. Et c'est tant mieux car dans "la maison à droite de celle de sa grand-mère", Giacomo va devoir enfin se confronter à sa vie, aux raisons qui l'ont poussé à partir, à se rencontrer, lui, aussi.

Pas la peine de vous dire que j'ai adoré ce roman, que je l'ai dévoré, que j'en ai apprécié chaque page, chaque chapitre, chaque avancée, chaque anecdote, chaque souvenir, chaque rencontre... Ce roman, c'est avant tout une ambiance, une atmosphère, des couleurs, une chaleur (celle du soleil et celle du coeur qui se dégage de tous ces personnages). C'est aussi une rencontre, un peu tardive, entre un homme et lui-même, entre le paraître et l'être. 

Car derrière son apparence de jeune homme toujours prêt à rire, à prendre tout à la légère, se cache un être sensible, doux et riche de ses rêves. 

Alors qui ou qu'est-ce qui se trouve vraiment dans cette maison rouge? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire. Retenez seulement que si vous ne lisez pas ce roman, vous passerez à côté d'une très belle lecture, d'une écriture tour à tour drôle, émouvante et prenante et d'un bouleversant voyage en terre sarde. Avouez que ce serait franchement dommage! 

Michaël Uras, un auteur à suivre. "La maison à droite de celle de ma grand-mère", un roman à lire!  Aux éditions Préludes.

La maison à droite de celle de ma grand-mère
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Commenter cet article

Philippe D 12/07/2018 21:50

Avant de partir en vacances, je viens répondre à ta question. Tout d'abord, je suis très content de te retrouver parmi mes "challengeuses" (je viens d'inventer le mot). Et puis, pour déposer le lien pour ton billet, c'est où tu veux, sur le billet d'aujourd'hui, par exemple, ou sur le premier billet que tu vois en ouvrant mon blog. Je le verrai de toute façon.
Merci et à bientôt.

Martine 13/07/2018 16:06

Merci Philippe! Bonnes vacances!

eimelle 12/07/2018 16:12

il m'a laissé un très bon souvenir!

Martine 13/07/2018 16:05

ça ne m'étonne pas! Merci Eimelle!