Extrasystoles

Publié le par Martine

Extrasystoles

Quand un auteur dédie son livre "à toutes celles et tous ceux qui n'ont pas cru en moi, m'ont vilipendée, m'ont flanqué des beignes, m'ont fait chialer, m'ont foutue par terre. C'est en tombant qu'on apprend à se relever. (...)", forcément, moi, ça m'interpelle et me donne sacrément envie de lire le fruit d'une telle expérience.

Ce fruit, justement, c'est un recueil de nouvelles que Carole-Anne Eschenazi vient de publier aux éditions Cent mille milliards et qui porte le titre de "Extrasystoles". Vous savez, ces dysfonctionnements cardiaques qui créent un véritable bouleversement dans le rythme de nos coeurs, de nos vies. Tout ce que les protagonistes de ces dix-sept histoires réunies ici vont être appelés à connaître, à expérimenter, à vivre.

Avec pour fil conducteur des liens familiaux qui font qu'on retrouve ici la grand-mère de, la belle-soeur de, la petite-fille de, ou encore le mari de telle ou tel, Carole-Anne Eschenazi nous peint de magnifiques portraits, nous campe d'étonnantes personnalités, nous dresse de superbes histoires, bien rythmées, bien huilées jusqu'au petit dysfonctionnement, ces fameuses extrasystoles, qui va tout dérégler, tout "foutre en l'air" ai-je envie d'écrire, pour notre plus grand bonheur de lecteur.

Dix-sept histoires, dis-sept nouvelles parfaitement maîtrisées, à l'écriture ample et souple, réaliste et authentique, débordant d'une belle sensibilité et nous imprégnant d'émotions multiples à la fois surprenantes et attendues. Une écriture parfois féroce, parfois diaboliquement tendre, toujours efficace.

Je ne vais pas vous détailler chacune de ces dix-sept histoires. Vous pouvez en lire une, la première me semble-t-il, sur le site de l'éditeur et même écouter l'auteur vous y présenter ce formidable recueil.

Pour ma part, je me contenterai d'évoquer ce général en retraite, Firmin, 97 ans, qui chaque matin reprend peu à peu possession de son corps, ou du moins de cette carcasse qui lui sert encore d'enveloppe corporelle, de ses émois, maintenant purement platoniques, éprouvés envers Violette, retraitée comme lui, mais surtout envers Madeleine, la jeune et jolie, l'appétissante petite-fille de Violette.

Cette même Madeleine que l'on retrouve un peu plus loin, inquiète pour sa santé et ce fichu cancer qu'elle craint de voir resurgir, confrontée à tout ce qu'elle a fait subir à son corps depuis plusieurs années, dans son refus de la maternité.

Je vous parlerai également de Léopoldine, convaincue d'être attirée par les hommes et de n'aimer que les hommes, et qui n'en peut plus de fantasmer sur sa nouvelle chef au travail. Quel scandale ce serait si elle annonçait cela à ses parents? Inimaginable...

J'ai aussi une pensée émue pour Hector Leroy, grand écrivain, adulé, au talent plus que reconnu, qui a fait de l'écriture sa seule passion, sa seule maîtresse. Au grand dam de celles qui croisent sa route. Et pour Stéphane et Célia. Enfin... surtout pour Célia. La rencontre des deux jeunes gens, leur histoire d'amour, l'empêchement de tout loisir, toute sortie, toute vacances car Stéphane privilégie son travail. Toujours et toujours. La lassitude de Célia, son désarroi, sa tristesse, ses rêves d'une autre vie, avec un autre que Stéphane peut-être, puisque avec lui la vie ne sera jamais autrement.

Voilà ce que j'ai envie de dévoiler de ce recueil à lire dans son intégralité bien sûr. Dix-sept histoires, dix-sept nouvelles, autant de personnages, autant de vies qui à un moment ou à un autre vont basculer, pour le meilleur... ou pour le pire!

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Commenter cet article

Pahi 16/08/2015 21:50

Là, je suis emballée ! C'est noté ! ;-)
Gros bisous, Martine, et bonne semaine.

Martine 17/08/2015 16:20

Ah! Ah! Tant mieux! Merci Denise! Bonne semaine à toi aussi! Et gros bisous

eimelle 16/08/2015 13:04

tu donnes très envie!

Martine 17/08/2015 16:19

Merci!