71 bougies pour M. et Mme Kolle

Publié le par Martine Galati

Le 1er août dernier, Henri et Geneviève Kolle ont fêté leurs 71 ans de mariage. «Nous nous sommes mariés le 1er août 1934 et nous entamons donc ensemble notre 72ème année de vie commune.» a annoncé le couple d’une seule voix. Une vie commune qu’ils partagent à présent à la maison de retraite La Saisonneraie depuis septembre 2004. «Chaque jour qui passe est un jour gagné et un beau cadeau de la vie.», disent-ils avec une émotion certaine. Nés respectivement il y a 92 ans à Baccara pour Monsieur et 91 ans à Epinal pour Madame, Henri et Geneviève Kolle ont connu «des bons et des mauvais moments» au cours de toutes ces années. «A ce moment-là, j’étais comptable dans une maison de tissus et mon épouse, coiffeuse, a arrêté de travailler pour élever nos trois enfants, raconte M. Kolle. Nous avons connu l’époque des premiers congés payés en 1936 et notre premier voyage a été notre voyage de noces à Nice. A cause de la guerre, nous sommes restés huit ans sans avoir d'enfants. Dès la déclaration de guerre en septembre 1939, j’ai été mobilisé et j’ai du partir jusqu’en 1941. Période pendant laquelle ma femme est restée chez ses parents. Par chance, je n’ai pas été envoyé en Allemagne et nous avons toujours pu nous retrouver.» A la démobilisation de M. Kolle, le couple passe quelques temps dans un petit village près de Carcassonne avant de rentrer à Epinal. «Nous avons du traverser les lignes allemandes pour revenir dans cette zone interdite, reprend le vieil homme. A cette époque, Geneviève est tombée enceinte et peu avant la naissance, elle a voulu aller chez ses parents qui étaient sur Paris. Nous voici donc partis mais sans Ausweis (autorisation) et bien sûr nous avons été arrêtés et conduits à la Kommandantur. Là nous sommes passés devant le tribunal allemand. Auparavant nos bagages avaient été fouillés pour vérifier que nous ne faisions pas de «propagande». Ce mot!, s’exclame M. Kolle. Je l’entends encore. Pour partir, nous avons du fournir une fiche de paie et payer pour rentrer chez nous. Alors pas de voyage à Paris.» Leur première fille Marie-Thérèse naît en 1942, puis Georges en 1944 à Runcy en région parisienne et Jean-Jacques en 1948 à Lagny. «Nous avons vécu la débâcle des allemands, les bombardements à Vincennes. Nous avons vu des choses atroces qu’on ne peut pas raconter. Pendant la guerre, le frère de Geneviève a été fusillé pour résistance. Il avait 20 ans.», évoquent-ils tous les deux les larmes aux yeux. «Après, avec nos enfants, nous avons habité Nantes. Nous allions en vacances à Saint-Brévin. Année après année, nous avons fait toute la côte atlantique. Nous louions des maisons ou des appartements. Pendant que j’allais au bord de l’océan avec les petits, raconte Henri, Geneviève faisait la cuisine avec ce qu’elle trouvait. Elle était un vrai cordon bleu et, regardez-moi, je ne suis jamais mort de faim.» dit-il avec humour. Encore un peu plus tard, M. Kolle a réussi un concours et a été nommé Inspecteur du Travail à Nantes puis «à Valence où nous sommes arrivés en 1961.» La suite, une vie de famille avec ses hauts et ses bas «comme tout le monde», l’arrivée de cinq petits-enfants et de six arrières petits-enfants. Et un couple toujours aussi uni qui, malgré lui, laisse rêveur et fait envie…

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