La nouvelle française : même pas morte!

Publié le par Martine

La nouvelle française : même pas morte!

Sous ce titre un peu accrocheur se cache le dossier que le dernier numéro, le 129, de la revue 813 consacre à la nouvelle et qui mérite une large place au sein de la rubrique (et groupe Facebook que vous pouvez toujours rejoindre si le coeur vous en dit!) : La bonne nouvelle du lundi.

Ce dossier supervisé par Jeanne Desaubry traite principalement de la nouvelle noire et/ou policière. Rien que de plus normal me direz-vous pour une revue qui se consacre à cette littérature et réalisée par le comité de rédaction de l'association éponyme 813, Les Amis des littératures policières. Ce qui fait la saveur et la qualité de ce dossier, c'est que Jeanne Desaubry s'est attachée d'une part à valoriser les maisons d'éditions qui n'hésitent pas à publier ce genre, telles que Ska ou In8, mais aussi les festivals littéraires, les libraires, les associations qui font la promotion (entre autres) de ces nouvelles comme La Noiraude de Pordic et Tu connais la nouvelle? à proximité d'Orléans. Et d'autre part à publier dans ce numéro 129 des nouvelles écrites par des écrivains romanciers reconnus que nous avons plaisir à lire ici en version courte. Se sont prêtés au jeu (dans l'ordre du sommaire) : Olivier Roux, Elena Piacentini, Jean-Hugues Oppel et Pascale Dietrich.

Pour notre rendez-vous de ce lundi, c'est de la nouvelle "Histoire d'eau" signée Elena Piacentini dont j'ai envie de vous parler (mais les trois autres sont tout aussi excellentes!). 

Adra n'a jamais aimé la pluie. Alors ce soir-là quand arrive l'heure de partir au travail, de nuit, pour l'inventaire de la supérette qui l'emploie, et qu'il pleut des trombes d'eau, elle n'a vraiment aucune envie de sortir. Même si cela lui évite de subir les reproches et la vue de celui dont elle partage l'existence depuis quelques années, Titi, devenu mou et flasque, se traînant toute la journée du fauteuil devant la télé à la table du repas depuis qu'il a perdu son emploi. Mais, à la supérette, Adra sait qu'elle va retrouver Driss, qu'elle aime bien et qui le lui rend bien. Alors elle y va...

Sauf que, une fois sur place, son chef "Monsieur" Simon lui apprend que Driss n'a pas pu venir, la route étant bloquée, et qu'ils seront donc tous les deux pour faire cet inventaire. Ce qui bien sûr la contrarie grandement, d'autant plus que Simon lui laisse la partie la plus ingrate à contrôler et qu'il n'hésite pas à profiter de cette situation de promiscuité pour abuser d'elle... Mais, comme dirait un célèbre animateur de jeu télévisé, Adra est loin d'avoir dit son dernier mot!...

Je ne vous en dirai pas plus sur cette nouvelle dont la chute nous laisse un sentiment partagé entre "Adra a eu bien raison de se défendre ainsi contre ce viol" et le froid glacial qui nous submerge à cette lecture.

La nouvelle française : même pas morte!
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