Les anges de Beau-Rivage

Publié le par Martine

Les anges de Beau-Rivage

Quand Adeline est recueillie par celles qu'elle va surnommer ses "anges" alors qu'elle erre, misérable et miséreuse, dans les rues de Genève, la jeune orpheline de 14 ans ne sait pas encore que sa vie vient de changer du tout au tout. Et pourtant, elle, qui vient de fuir la maison sur la montagne dominante voisine de son oncle qui l'a recueillie, et surtout celui qui la poursuit de ses assiduités et qu'en elle-même elle a surnommé "l'Abominable", Adeline Dupraz, Line, va connaitre un destin étonnant. Un de ceux qui se racontent. Un de ceux qui font rêver. Un de ceux qui font les belles histoires, telles que Hélène Legrais sait si bien nous les confier sous ses mots simples, comme un secret, une confidence que nous, lecteurs, sommes les seuls à partager. Ces mots qui nous parlent au coeur, qui nous portent, nous encouragent et nous accompagnent longtemps, bien après qu'on ait refermé notre livre.

Ce roman, l'histoire d'Adeline, et après elle celle de sa descendance, commence en 1872 au moment donc où la jeune fille est recueillie à l'hôtel Beau-Rivage à Genève, de ses premiers jours dans cet établissement luxueux situé en bordure du lac Léman, de son premier emploi que l'intendante, l'intransigeante Mme Frieda lui concède pour allumer et veiller sur les flambées dans les chambres des clients aisés de l'hôtel fondé et tenu par les imposants mais néanmoins tolérants M. et Mme Mayer.

Car, grâce au caractère enjoué, serviable et souriant qui est le sien, la petite Line ne va pas s'arrêter là. Petit à petit, mise en confiance par ses employeurs, par Frieda également, avec les encouragements de ses "anges" surtout, ces aimables femmes de chambre qui l'ont prise sous leur protection, la jeune fille va s'épanouir en une belle jeune femme, prendre de l'assurance, grimper les marches de la hiérarchie professionnelle au sein de l'hôtel, suscitant autour d'elle, et bien malgré elle, des jalousies, des rivalités, des envies mais aussi de l'admiration, des amitiés solides et même un amour fort et implacable qu'elle ne voudra pas reconnaître pendant longtemps mais qui, une fois qu'elle l'aura accepté, saura également la combler. 

En parallèle à l'histoire de Line, ce que nous offre Hélène Legrais à travers ce roman magnifique et fabuleux, paru dans la collection France de Toujours et d'Aujourd'hui des éditions Calmann Lévy, c'est la présentation d'une belle leçon historique : celle de cet étonnant hôtel Beau-Rivage, de sa position sociale à son apogée, des heures sombres qui vont s'y alterner avec d'autres beaucoup plus éclatantes et heureuses. A côté du destin d'Adeline, c'est l'histoire de la famille Mayer qui se dévoile ainsi et nous instruit. Et on ne peut que rester admiratif face à une telle destinée.

Dans cette lecture, dans ce roman, j'ai tout aimé. Le bonheur de retrouver l'écriture fine et concise, toujours émouvante, d'Hélène Legrais. L'écrivain possède ce talent de nous charmer par ses histoires, aussi bouleversantes soient-elles, et sait nous tenir en haleine comme pas deux. Sous ses mots, toute une palette d'émotions se révèle et la lecture en devient magique. On ne lit plus, on vit avec les personnages, on est dans l'histoire et c'est beau!

Le plus de ce roman, s'il en est un pour moi, concerne aussi toutes les descriptions de ces Alpes que j'aime tant, tant du côté Suisse que du côté Français. Ces alpages, le lac Léman, leur sérénité, on les ressent derrière chaque mot. Genève, "la" ville n'est pas en reste. Hélène Legrais nous la présente et nous la fait découvrir par le petit bout de sa lorgnette. Et sous ses détails, sous ses anecdotes, sous ses précisons, on devient suisse forcément. Tout comme on partage la vie de l'hôtel Beau-Rivage, de ses propriétaires et de son personnel, on ressent les effets de la ville et on en savoure la richesse et ses nombreux bénéfices. Grâce à ses "anges" encore? 

Peut-être. Très certainement même. Mais surtout grâce à la qualité littéraire de ce roman et à l'écriture délicate et savoureuse d'Hélène Legrais.

 

 

Les anges de Beau-Rivage
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Commenter cet article

Manika 29/01/2018 14:35

Comme Manou ça fait longtemps que je n'ai pas lu ce genre de roman. il faudrait que j'y pense de temps en temps.

Martine 29/01/2018 17:09

Je ne peux que t'y encourager! Allez, Manika!!!! :-)

zazy 29/01/2018 14:22

Je lis que tu as beaucoup aimé cette lecture

Martine 29/01/2018 17:08

Et tu lis très bien ;-)

manou 29/01/2018 10:26

Cela fait longtemps que je n'ai pas lu un roman du terroir. J'aime en lire de temps en temps. Je prends note de celui-ci car je ne connais pas du tout l'auteur. Merci beaucoup pour ce partage. Bonne semaine

Martine 29/01/2018 17:07

Merci Manou! Je t'en souhaite une bonne et belle lecture par avance!

Philippe D 28/01/2018 20:35

Je ne connais pas cette auteure, mais j'aime bien lire ce genre une fois de temps en temps. Alors, pourquoi pas? Tu sembles conquises.
Bonne semaine.

Martine 29/01/2018 17:06

Je le suis complètement! Merci Philippe et bonne future lecture!

Binchy 28/01/2018 20:10

Comme elle est bien ta chronique Martine ! Ce roman est vraiment bien et là, tu sais vraiment nous faire ressentir les sentiments, l'évolution sociale d'une période à jamais révolue. Je l'ai adoré tout comme toi mais ta chronique à toi, est vraiment puissante.
Je te souhaite une douce soirée, une belle semaine.
Je t'embrasse très fort.
Bernadette.

Martine 29/01/2018 17:06

Merci Bernadette! Tes mots me touchent beaucoup. Je t'embrasse très fort aussi