Un parfum de fleur d'oranger

Publié le par Martine

Un parfum de fleur d'oranger

Lorsque son père lui annonce, en cette fin de 19e siècle, qu'il laissera le domaine familial de Sant'Ambrogio di Valpolicella en Italie à son frère aîné et que, lui, Valturno Palazzi doit partir tenter sa chance en France, l'univers de ce fougueux jeune homme bascule. Comment laisser là sa mère, sa petite soeur handicapée tendrement chérie et surtout Giulietta, sa belle amie? Pourtant il s'y résout en pressant celle-ci de l'accompagner. Mais à l'approche de la frontière, Giulietta fait marche arrière ne laissant à Valturno que le souvenir de son enivrant parfum de fleur d'oranger et une féroce envie de réussir.

En même temps, en France, en Lorraine près de Lunéville, Marie-Louise, dite Malou, doit faire face au meurtre de son mari Albert, lâchement abattu devant la porte de leur restaurant auberge avec comme unique indice, le nom que murmure la victime avant de mourir "Mostaganem". 

Tandis que Valturno entre en France et décide, suite à certaines rencontres de monter jusqu'en Lorraine, la belle Malou panse son chagrin du mieux qu'elle le peut, s'obstinant à conserver son établissement des Lilas avec l'aide de la jeune Jeannette, affrontant les sous-entendus et désirs de ceux qui souhaiteraient bien prendre la place encore chaude laissée par Albert dans le lit conjugal et devant se résoudre à laisser ce crime impuni, l'enquête de la police se trouvant dans une impasse.

Quand Valturno arrive enfin à Lunéville, bientôt rejoint par Nénesse qui lui a juré fidélité en amitié, c'est tout naturellement que le jeune Italien loue le petit appartement que Malou a hérité de sa mère. Ne restant pas insensible au charme du jeune homme et à sa force de caractère, et faisant fi des commérages comme elle en a l'habitude, Malou ne met pas longtemps à tomber dans les bras de Valturno. Ce qui arrange bien Jeannette et Nénesse qui viennent aussi de débuter une histoire d'amour. 

Ensemble, les deux couples ne laissent plus de limite à leur enthousiasme et leur soif de réussite, qui dans la gestion des Lilas, qui dans l'entreprise de travaux publics que les deux amis tailleurs de pierre viennent de créer. Et cela, malgré le mystère qui rôde toujours sur le meurtre non élucidé d'Albert, et les ragots colportés par les mauvaises langues envieuses et jalouses de leur réussite. Seule, peut-être, l'arrivée au sein des deux couples de Victor, fils que Valturno a eu, sans le savoir, avec Giulietta pourrait ou pourra menacer ce bel édifice...

Lire un roman de Gilles Laporte est toujours un vrai bonheur. Celui-ci, en alliant sa chère Lorraine à ma chère Italie, ne déroge pas à la règle et même la renforce davantage.

Que n'ai-je pas aimé dans ce roman paru dans la belle collection des Terres de France des Presses de la Cité? Rien. Il y a tout ce que j'apprécie le plus dans une lecture. Le destin d'un homme, qu'on suit entre ce jour terrible de 1883 à celui d'une tristesse implacable de 1945. Le destin croisé d'une femme, volontaire, courageuse, altière et tellement émouvante dans sa quête d'amour. Des caractères bien trempés. Chez Valturno et Malou bien sûr, mais aussi chez Jeannette et Nénesse, la première dans cette jalousie non affirmée qui lui fait faire ce qu'elle ne devrait pas, le second empêtré dans cette amitié, sa fidélité et en subissant des effets dramatiques. Et Victor, cet enfant que sa mère dépose un soir devant la porte de Valturno parce que sa situation misérable ne permet pas à Giulietta de l'élever, ce jeune homme en quête de son identité, qui ne parvient pas à se détacher de son père et de la force tranquille qu'il manifeste en toutes occasions, cet homme qui va commettre l'innommable et ne trouvera refuge que dans l'horreur de la Première Guerre mondiale en rejoignant les forces combattantes italiennes. 

J'ai apprécié aussi le voyage de Valturno, ces régions qu'il découvre l'une après l'autre des deux côtés des Alpes. La page d'Histoire que nous rappelle Gilles Laporte avec son style inégalable, unique, sincère et vrai. Et bien évidemment le mystère qui plane sur la mort d'Albert, pourquoi Mostaganem? Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans la vie de cet homme, installé un temps dans cette terre algérienne, avant qu'il ne revienne en France? Quel acte a-t-il bien pu commettre qui ait suscité une telle envie de vengeance?

Tout ceci et bien plus encore, je l'ai trouvé et aimé dans ce roman. Et je remercie Gilles Laporte pour ce véritable bonheur de lecture qu'il m'a offert. Un bonheur que je vous souhaite, à mon tour, d'éprouver en lisant ce roman dense, foisonnant, passionnant, bouleversant de la première à la dernière page!

 

Un parfum de fleur d'oranger
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Philippe D 05/11/2017 20:34

Je ne suis pas sûr d'avoir déjà lu qq chose de lui. Ce roman me plairait certainement. C'est mon genre.
Bonne semaine.

Martine 06/11/2017 16:43

Comme je l'ai dit à Manou, il faut lire Gilles Laporte! Il est exceptionnel! Commence par ce roman :-)

manou 05/11/2017 18:18

Une superbe chronique pour un roman du terroir que j'aimerai beaucoup lire. Je ne connais pas du tout l'auteur. Merci pour ce partage. Je le note

Martine 06/11/2017 16:42

Ah, Manou! Il faut lire Gilles Laporte. Chacun de ses romans nous transporte et nous bouleverse à un point!!!