La prima cosa bella

Publié le par Martine

La prima cosa bella

Je commence ce billet en remerciant Florence qui m'a permis de découvrir, par sa liste de suggestions "cinéma" pour notre semaine italienne, ce très beau film de Paolo Virzi "La prima cosa bella", brillamment interprété (entre autres) par Micaella Ramazzotti, Stefania Sandrelli, Claudia Pandolfi, Valerio Mastandrea et Marco Messeri.

Au début des années 2000, une femme, Anna, est à l'hôpital où elle vient de subir une chimiothérapie assez forte pour tenter d'enrayer le cancer qui la ronge. A son chevet, ses deux fils se relayent. Ils ne se sont pas vus depuis quelque temps, chacun pris par les obligations de sa propre existence. Tous les deux attendent le réveil de leur mère, plongés dans leurs pensées respectives qui les ramènent trente ans plus tôt. 

Début des années 1970, Anna est une jeune femme, belle, volontaire et avide de célébrité. Malgré la charge de ses deux fils dont elle s'occupe à longueur de temps en l'absence de son mari, accaparé par ses déplacements professionnels, elle vient de se présenter à un concours de beauté et de le remporter. Dans l'euphorie de l'instant et des contacts, prises de rendez-vous, interviews, photos qui suivent, elle en oublie un peu ses enfants confiés en urgence à sa jeune soeur Valéria et qui le lui rappelle très vite. Anna est mère de famille, responsable, elle n'a pas sa place dans cet univers festif et frivole alors qu'elle, Valeria... Mais qu'importe, ce concours de beauté, c'est bien Anna qui l'a gagné. Et c'est bien Anna qui veut tirer profit des propositions qui se présentent, parmi lesquelles un petit rôle de figurante au cinéma. Mais à quel prix?

J'ai regardé ce film, paru en 2011, dans sa version originale italienne (je ne sais d'ailleurs pas s'il en existe une version sous-titrée). J'en ai apprécié la beauté des images et le sujet traité. Bien sûr la mélancolie du début m'a un peu perturbée. Mais très vite l'histoire s'accélère. On se laisse emporter par toute cette agitation, cette excitation même, ce véritable tourbillon dans lequel Anna est entraînée et entraîne à sa suite ses enfants. Cette folie douce que Valéria envie mais dans laquelle elle n'ose pas vraiment suivre sa soeur aînée. Enfin, presque pas. 

Car entre les visites à l'hôpital des deux frères, fils d'Anna, et celles de Valéria, on sent bien qu'il s'est passé quelque chose entre les deux soeurs. Sans compter que l'absence, volontaire ou involontaire, du mari d'Anna pèse aussi sur les mots dits, les souvenirs qui remontent et tout ce qui ne se dit pas ou s'évoque à demi-mots.

Tout comme j'ai aimé les musiques qui jalonnent ce film, j'ai vraiment apprécié cette histoire "entre deux", entre présent et passé, entre acceptation et révolte, entre désir et rivalité, avec ces scènes d'euphorie, de résignation, de révolte. Dans cette Italie des années 1970 au tout début du XXIe siècle. 

La prima cosa bella
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