Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse

Publié le par Martine

Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse

Quand un recueil commence par une réflexion sur le mot "chronique", cela a le don de retenir de suite tout mon intérêt. Quand, en plus, le-dit ouvrage me parle d'enfance, d'Italie, égrène des souvenirs vrais, ou pas, il n'en faut pas plus pour que je ne le lâche pas tant que je n'en ai pas terminé sa lecture!

Il faut dire que Michaël Uras possède ce talent rare où se mêlent avec réussite l'humour, la dérision, l'autodérision même, une certaine poésie et une belle lucidité. Cette écriture et ce talent, je les ai appréciés pleinement dans ce recueil de souvenirs au titre légèrement vindicatif et provocateur "Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse" qui vient d'être réédité au Livre de Poche.

Des départs en vacances dans la Sardaigne natale de son père, de l'évocation de ses grands-parents dont il ne sait que ce que son père a bien voulu lui raconter (ce qui, finalement, ne fait pas grand-chose), de ses années d'école, de collège, ses premiers émois amoureux (difficiles quand on s'appelle Jacques-Giacomo, qu'on adore lire, qu'on est le dernier d'une fratrie de trois garçons et qu'on grandit au sein d'une famille franco-italienne dans une triste HLM de banlieue), ses rêves, ses envies, ce que la réalité de la vie lui autorise, ses débuts de vie d'adulte, la naissance de son premier enfant...

Avec une tendresse émouvante, Michaël Uras évoque tout ceci et bien plus encore. On rit à certaines anecdotes qui sonnent tellement vraies. On s'insurge un peu face à quelques situations qui ne devraient pas (ou plus) être et qui hélas perdurent. On s'émeut à l'évocation de ce père, immigré italien, maîtrisant mal la langue de son nouveau pays, qui travaille durement toute l'année pour s'offrir un mois "au pays" avec toute sa famille et qui rêve d'une vie autre que la sienne pour ses fils. On sourit face à l'affection bourrue que se vouent cet homme et sa femme et qu'ils partagent avec leurs enfants de façon assez maladroite parce que, chez eux, on n'a pas appris à dire, à montrer ses sentiments.

J'ai passé un très beau moment à lire ce recueil. J'y ai retrouvé l'émotion éprouvée, découverte, avec "Les Ritals" de Cavanna, il y a de cela ... bien longtemps. Et cela a ajouté à l'émotion ressentie. C'est drôle. C'est gai. C'est tendre. C'est un peu triste aussi. C'est humain, tout simplement. Et qu'importe finalement que ce soit vrai, ou pas. Qu'on y croit, ou pas! C'est vivant!

 

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manou 04/11/2017 11:07

Une belle chronique pour parler de ce roman dont je n'avais lu que de bonnes critiques et que je ne me suis toujours pas décidé à lire. Merci de nous en donner envie

Martine 05/11/2017 10:56

Ben alors?!!!! Yapluka :-)

Manika 02/09/2017 15:38

Du moment qu'on se sent bien avec une lecture ... merci de cette chronique

Martine 03/09/2017 12:02

Tout à fait! ;-)

Binchy 31/08/2017 16:24

Merci pour ce partage Martine ! Belle chronique !
Je te souhaite une douce soirée.
Gros bisous.
Bernadette.

Martine 03/09/2017 12:02

Merci Bernadette! Gros bisous