Il l'appelait sa Femme-renard

Publié le par Martine

Il l'appelait sa Femme-renard

Il y a des textes comme ça qui nous touchent singulièrement. Peut-être parce que, au moment où on les lit, on est plus particulièrement réceptif à ce qu'ils nous disent. Sans doute aussi parce qu'ils sont si bien écrits qu'on ne peut qu'être sensible à leurs mots, à leur douceur, à leur évidence...

Avec cette nouvelle de Corine Pourtau "Il l'appelait sa Femme-renard", c'est un peu tout ça à la fois et davantage encore que j'ai ressenti en le lisant. Une certaine poésie, de la douceur, de la tendresse, des émotions et du respect pour ces mots, pour ce qu'ils disent, pour ce qu'ils évoquent et nous racontent...

Traductrice, cette femme, jeune encore, a la possibilité de travailler de chez elle et peu importe où elle réside. Avec Internet et les facilités de communication qu'il nous offre, tout est possible désormais. Alors quand, après le décès de sa mère, elle revient dans la demeure familiale pour la vider avant de la mettre en vente et que le temps qu'elle s'est impartie pour cela commence à durer, passant de une semaine à deux, puis trois, puis un mois, puis..., il lui parait évident que c'est là qu'elle veut vivre à présent. Seule dans cette maison si riche, si pleine de tant de souvenirs, de jours heureux. Alors, tant pis si elle ne doit plus voir l'homme dont elle partage, plutôt moins que plus, la vie, que les week-ends, ou seulement une fois sur deux. Cela ne changera pas grand chose finalement. Ce qui lui importe maintenant, c'est de penser à elle, à ce qui compte vraiment pour elle. Ce besoin si fort de retrouver ses racines, dans cette maison de l'enfance, de famille. Et de s'y ancrer...

Si bien que lorsqu'elle fait la connaissance de celui qui habite à dans la maison face à la sienne, de l'autre côté du village, et qu'ils ont l'impression de se reconnaître, elle laisse faire, appréciant de le voir, en toute simplicité, et de lui rendre visite également, en silence, comme un rendez-vous surprise qu'elle lui ferait et qu'elle se ferait aussi à elle, sa "Femme-renard"...

Je vous l'ai dit, cette nouvelle m'a singulièrement émue. J'en ai apprécié chaque mot que Corine Pourtau, son auteur, a posé sur le papier. Cette sérénité qui s'en dégage, ce sentiment d'être arrivé au bon endroit, d'être à sa place, enfin, si justement rendu. La beauté du style, sa poésie, sa douceur, tout contribue à l'apaisement et au bien-être. A l'Agapé, diront peut-être certains...

Cette nouvelle est parue en 2013 dans l'excellente revue Etoiles d'encre, sur le thème de "Nos maisons". Elle sera présentée à nouveau lors du Festival de Lauzerte dans le Tarn et Garonne "Place aux nouvelles", les 9 et 10 septembre prochains.

Il l'appelait sa Femme-renard
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