Aux Deux Hirondelles

Publié le par Martine

Aux Deux Hirondelles

Rien de mieux que de suivre et participer à la rentrée littéraire en lisant le dernier roman d'Elise Fischer paru le 23 août dernier chez Calmann Lévy "Aux Deux Hirondelles" et d'y retrouver avec grand plaisir tous les membres de la famille Delaumont. Cette belle famille, belle dans tous les sens du terme, vivant à Nancy en Lorraine et avec qui on a déjà fait connaissance dans "Villa Sourire", "L'Etrange destin de Marie" et "Le Jardin de Pétronille".

Dans ce dernier roman, ce sont les jumelles Anne et Pauline, filles de Philippe Delaumont, éminent pharmacien de Nancy à présent retraité, et de sa seconde épouse Justine, que l'on retrouve et que l'on suit dans leur installation à Paris, l'ouverture et la gestion de leur cabaret "Aux Deux Hirondelles" tout au long d'une décennie, entre 1953 et 1962.

Dix ans, ça peut paraître long et bien court en même temps. Surtout quand ces dix années-là rappellent à notre mémoire ce qui fut la guerre d'Indochine, la révolution en Hongrie et les prémices de ce qu'on a appelé pendant très (trop) longtemps "les événements" d'Algérie pour ne pas avoir à nommer ce qui fut réellement une guerre dans laquelle la France ne s'est pas vraiment donné le meilleur rôle.

En ce mois de mars 1953 donc, Pauline et Anne sont bien décidées à voler de leurs propres ailes en créant et en ouvrant leur cabaret dans la capitale malgré la grossesse d'Anne, malgré le départ du père de son enfant, Laszlo, pour son pays natal, la Hongrie, dans l'espoir d'y retrouver des membres de sa famille, malgré, surtout, les menaces reçues sous forme de lettres anonymes, de tags injurieux et insultants inscrits sur les murs de leur établissement et pire encore. Qui peut bien en vouloir autant aux deux soeurs pour ternir ainsi leur réputation naissante? Certainement pas les artistes qui se produisent sur la scène des "Deux Hirondelles", artistes ayant déjà une petite notoriété ou en passe de l'acquérir, ni les clients qui se pressent chaque soir de la semaine pour les applaudir tout en savourant les plats délicieux proposés à la carte du cabaret. 

Ceci résume la première partie du roman qui en comprend quatre. Car, évidemment, assez vite le coupable va être identifié, bouleversant à nouveau la vie de la famille Delaumont. Mais Elise Fischer, dans son grand talent d'écrivain, ne va pas s'en tenir là. Et c'est toute une autre histoire qui se révèle alors aux yeux des lecteurs, une histoire, ou des histoires même, parties prenantes de la grande Histoire, celle avec un H majuscule. Histoire de notre pays, de ses engagements (ou désengagements) politiques et aussi Histoire de notre culture, histoire de l'art, notre Histoire tout simplement.

Cette lecture m'a littéralement happée, passionnée de la première à la dernière page. Par ses précisions, ses détails, ses documentations historiques. Mais aussi par son récit, par tout ce que traverse cette famille Delaumont. Les parents Philippe et Justine, les enfants du premier mariage de Philippe avant son veuvage, les enfants recueillis pendant le premier conflit mondial et que le couple a adoptés, et les enfants nés de cette deuxième union, dont le fils déjà a disparu, pendant la Deuxième Guerre mondiale.  

Cette famille Delaumont, c'est un peu la mienne, c'est un peu la nôtre. Toutes nos familles confrontées ou entraînées dans les méandres de notre Histoire de France et qui agissent ou réagissent selon leurs convictions, leurs valeurs et leur coeur. 

Le prodige littéraire d'Elise Fischer, c'est de nous enseigner et de nous faire partager chaque engagement, chaque parcours, avec ses faiblesses, ses failles mais également avec ses forces et sa richesse intérieure. Alors le roman en devient beau, à l'image de cette belle famille Delaumont. La qualité d'écriture, le style, le rythme donné au récit en font un véritable petit bijou de lecture dont il ne faut surtout pas se priver.

 

 

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Binchy 29/08/2017 21:07

Quelle excellente chronique ! Je suis en train de le terminer et c'est tout-à-fait cela !!!
Douce soirée Martine et à très vite.
Je t'embrasse très fort.
Bernadette.
P.S. : Je ne peux te laisser des commentaires que quand je suis sur mon ordi portable.

Philippe D 29/08/2017 20:16

C'est une auteure que j'ai déjà lue. Il y en a tant qu'on ne peut pas les suivre tous !
Bonne soirée.