Le tombeau des lucioles

Publié le par Martine

Le tombeau des lucioles

Mes enfants en avaient parlé à une certaine époque mais je n'avais pas eu la curiosité de voir ce film d'animation, qualifié de chef d'oeuvre, d'Isao Takahata. Une conversation chez mon amie Sylvie fin janvier m'a convaincue de le regarder. Ce que j'ai fait hier en fin de journée au côté de mon fils, Christophe.

En 1945, à Kobe, l'armée de l'Empereur du Japon résiste tant bien que mal aux assaut de l'armée américaine et la population souffre sous les bombardements quotidiens. 

Le film commence par la découverte d'un jeune homme, inanimé, abandonné dans un coin de la gare, vêtu misérablement et visiblement mort de faim et d'épuisement. 

Retour en arrière, quelques mois plus tôt. Seita, jeune adolescent, hisse sa petite soeur Setsuko sur son dos pour rejoindre au plus vite leur mère partie se réfugier dans un abri alors que la ville est à nouveau bombardée. Un retard dû à l'oubli de la poupée de Setsuko les oblige à se cacher et se protéger du mieux qu'ils le peuvent. Une "chance" que n'a pas eu leur mère, retrouvée brûlée sur presque tout le corps et qui succombe sous ses blessures, laissant les deux enfants seuls et désormais contraints d'aller vivre chez une tante. Or, il s'avère très vite que cette tante est mauvaise, méchante. Elle reproche aux enfants d'imposer leur présence à sa famille, leur restreint leur part de nourriture et, surtout, en veut à Seita d'être trop jeune pour partir se battre. La vie du jeune homme et de sa petite soeur devient telle que le jour où ils trouvent un abri dans une grotte à proximité de la mer, l'adolescent et la fillette décident de s'y installer. Mais très vite, après l'euphorie des premiers jours liée à un grisant sentiment de liberté et à la joie incommensurable d'attraper des lucioles pour s'éclairer la nuit, les difficultés commencent. Il faut se chauffer, se nourrir, se tenir propre. Et, dans cette vie quasi à l'extérieur, rien n'est plus difficile. Les menus larcins auxquels se livre Seita ne suffisent pas et lui font prendre trop de risques. Setsuko commence à souffrir de malnutrition. Puis tombe malade. Et Seita se désespère devant son impuissance à soigner la fillette. Un sentiment qui grandit encore lorsqu'il apprend la capitulation du Japon et la mort certaine de son père, enrôlé dans l'armée de l'Empereur. Va-t-il alors accepter de retourner chez sa tante comme l'y encourage le médecin? Ou est-ce déjà trop tard?...

Christophe m'avait prévenu "Tu vas pleurer, Maman". Et, oui, les larmes me sont venues à regarder ce film ô combien bouleversant et manifeste de tant d'injustices, mon impuissance me prenant à la gorge jusqu'à m'empêcher quasiment de respirer.

Ce film est beau. C'est une évidence. Ses décors majestueux et somptueux. Ses personnages particulièrement attachants. Et l'histoire révèle une grande page d'Histoire qu'on a trop tendance à occulter, voire oublier. Il est clair, encore une fois, que, dans ces conflits quels qu'ils soient, le peuple reste toujours l'éternelle victime. Quel que soit le côté où l'on se trouve.

Je compte ce film pour le Mois japonais de Lou et Hilde, même si celui-ci n'aura effectivement lieu qu'en avril!

Le tombeau des lucioles
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