La maison du Cap

Publié le par Martine

La maison du Cap

Après ses Ardennes natales, après notre belle Provence, c'est sur la côte atlantique, à Arcachon, que nous entraîne Françoise Bourdon avec ce nouveau roman "La maison du Cap" paru aux Presses de la Cité dans ma chère collection des Terres de France.

C'est dans une bicoque de l'arrière-pays, entre les bois encore sauvages et pas très loin du bassin et de la ville en devenir d'Arcachon que grandit Léonie, dans cette première moitié du XIXe siècle. Léonie est la première fille et deuxième enfant d'Albert, résinier, et de son épouse, l’acariâtre Rose qui n'a d'affection que pour son fils aîné, Auguste, et méprise souverainement ses filles Léonie et la fragile Eugénie. Sa méchanceté maternelle ne lui fait-elle pas pousser Léonie dans le feu de la cheminée familiale, un jour d'énervement? Et ne prédit-elle pas, plus tard, à sa fille désormais mariée à Pierre et mère de trois enfants, que Léonie sera malheureuse toute sa vie ainsi que sa dernière fille-née, en l'occurrence Margot? Et de fait, malheureuse d'être la fille d'une telle femme, Léonie l'est. Mais heureuse avec son Pierre, pêcheur de son état, Léonie le devient aussi, bonheur renforcé par les naissances successives de leurs trois enfants. Mais bonheur de courte durée puisque Pierre se noie dans cet océan alors que Margot n'est encore qu'un bébé et que Léonie n'a d'autre solution pour nourrir sa famille que de reprendre le métier de son père et devenir, à son tour, résinière dans ces bois qu'elle affectionne tellement.

Sur cette base, le décor du nouveau roman de Françoise Bourdon est planté. En effet, à partir de cette année 1849 jusqu'à son épilogue en 2000, l'auteur va nous conter une merveilleuse, une étonnante, une extraordinaire saga dans laquelle les femmes ont la part belle. Ce qui n'est pas pour me déplaire, bien au contraire! Et de Léonie et sa vie honnête de misère et de pauvreté à Violette, cinq générations de femmes, cinq destinées, cinq parcours se mêlent, s'emmêlent, s'assemblent, se complètent, se disputent, se déchirent parfois mais toujours s'aiment et se respectent, pour notre plus grand bonheur de lecteur. Avec en point de mire, en point de repère, cette fameuse maison du Cap qui donne son nom à ce magnifique roman.

Petit flash-back. Léonie est la première de cette grande lignée de femmes courageuses, battantes, de femmes fortes et volontaires. Contrairement à sa fille aînée, Marie, sa cadette, Margot, refuse cette pauvreté et ne pense qu'à se hisser et accédet à une meilleure place au sein de la société. Ainsi, pas à pas, marche après marche, au gré de quelques rencontres, elle va finir par ouvrir et tenir sa propre pension de famille où elle hébergera de riches curistes pratiquement jusqu'à la fin de sa longue vie. C'est par elle et pour elle que son amant James Desormeaux, jeune architecte de la bonne bourgeoisie d'Arcachon, construit la maison du Cap où il souhaite voir vivre Margot et leur fille illégitime, Charlotte. Et c'est avec elle, Margot, toujours présente, que l'on va suivre les destins et les chemins empruntés successivement par Charlotte d'abord, peintre photographe, par sa fille Dorothée ensuite, passionnée d'aviation et aviatrice effectuant de dangereux vols pendant la Première Guerre mondiale, puis par Violette enfin, fille de Dorothée, infirmière comme sa mère et engagée à son tour dans la Résistance à Arcachon et son bassin au cours du Deuxième Conflit mondial. Et toujours sous le regard tour à tour complice, dédaigneux, affectueux, ou même dépassé, de Margot. Et toujours avec cette maison du Cap vécue comme un refuge, quand tout va mal, ou comme un havre de paix bienvenu quand l'esprit se veut plus festif et joyeux.

Cinq vies. Cinq destins différents. Cinq femmes de caractère. Et un roman bouleversant, une saga passionnante. C'est ce que nous offre Françoise Bourdon avec une générosité d'écriture qui nous surprend, nous berce, nous câline, nous emporte et nous fait partager ces vies comme autant de cadeaux à chaque fois. Avec cette maison du Cap, on vibre, on s'enflamme, on s'émeut, on s'indigne, on pleure de temps en temps, on rit aussi. Bref on vit. Et on freine, on retient sa lecture pour rester encore un peu, juste un peu, en compagnie de Charlotte, avec Violette, pour ne pas refermer ce livre trop tôt.

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Pahi 23/05/2016 21:47

Cette saga me fait de l'œil depuis qu'il a paru ;-)
J'aime beaucoup le style de Françoise Bourdon, son succès est entièrement justifié. C'est évident qu'un énorme travail de recherche précède l'écriture de chacun de ses ouvrages et moi j'aime cela. A chaque fois, j'apprends énormément de choses.
Merci pour ta belle critique et gros bisous à toi, chère Martine.

Martine 24/05/2016 17:38

Merci beaucoup, ma chère Denise! Tes mots me touchent beaucoup! Merci! Je t'embrasse

Philippe D 23/05/2016 20:21

Il faudra que je la retrouve, un de ces jours...
Je suis sûr que ce livre me plairait...

Martine 24/05/2016 17:38

J'en suis convaincue! Merci Philippe

alysa morgon 23/05/2016 19:13

Françoise Bourdon : une belle personne, un grand auteur ! Son dernier roman : "La maison du Cap", une magnifique saga ! Voilà en effet, de quoi séduire tous ses nombreux lecteurs, et tous ceux, en particulier, qui lui sont fidèles depuis si longtemps. Je suis d'ailleurs, régulièrement, le témoin amical et toujours épaté, de son succès, lors de tous les salons du livre ou des signatures que nous partageons très souvent. Alors un grand bravo à Françoise, pour cette belle réussite, mais bravo à vous aussi, Martine, pour cette très belle chronique que vous lui consacrez, et qui ne pourra que ravir cette fois encore, les fidèles de "vos lectures", ainsi que tous les lecteurs et les amis de Françoise ! Je vous embrasse, chère Martine. Belle soirée et très bonne semaine. A bientôt...

Martine 24/05/2016 17:40

Une nouvelle fois, MERCI chère Alysa! Et, bien sûr! je suis tout à fait d'accord avec vous concernant Françoise Bourdon. Une belle personne, comme je les aime, et un talent indéniable! Je vous embrasse

Binchy 23/05/2016 13:57

Encore un excellent roman à lire de Françoise, j'en parle sur mon blog mais je vais bientôt en parler encore...
http://binchy.canalblog.com/archives/2016/05/04/33763918.html
Je te remercie pour cette très bonne chronique Martine qui résume vraiment bien l'ouvrage de Françoise Bourdon.
Je te souhaite une excellente semaine et très bonne lecture encore et encore et toujours plus !
Je t'embrasse très fort.
Bernadette.

Martine 24/05/2016 17:41

Merci beaucoup, Bernadette, pour ton enthousiasme, pour tes partages, pour ta présence, pour TOUT! Je t'embrasse très fort et te souhaite aussi de très belles lectures!