La vie par effraction

Publié le par Martine

La vie par effraction

Cela fait bien longtemps que je ne vous a pas parlé nouvelles sur ce blog et en particulier des bonnes nouvelles des éditions Quadrature, spécialisées dans ce genre littéraire.

Eh bien justement en voici des bonnes nouvelles et même d’excellentes, parues chez Quadrature évidemment, et commises par Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue et enseignante à l’Université catholique de Louvain en Belgique.

Alors comment dire ? Ces dix nouvelles ne sont pas des nouvelles ordinaires, ou plutôt classiques, dans la mesure où leurs personnages principaux sont tous des adolescents, des êtres en devenir, des êtres en construction, qui ont besoin de connaître leurs racines pour savoir d’où ils viennent et où et comment ils peuvent y aller, des jeunes garçons et filles bien malmenées par la vie, qui en connaissent bien trop tôt les tourments et les vicissitudes, quand ce n’est pas même sa pourriture.

Chaque nouvelle porte un prénom en titre.

Jessica fugue vers Bruxelles dans l’espoir vain d’y retrouver son père.

Pour ne plus avoir à affronter les regards et les commentaires de déception de ses parents, et notamment de sa mère, Eglantine fait tout ce qu’elle peut pour se rendre invisible, et s’envoler loin comme un papillon.

Loin de chez elle, de sa famille, de son pays, Nina touche le fond, la rue et la prostitution comme seules perspectives. Saura-t-elle rencontrer Antoine, lui aussi éloigné de tout contact avec sa famille et qui se cherche en tant qu’écrivain ?

Le grand-père de Léa est mort. Alors que toute la famille le pleure, elle se souvient de cet homme brutal et ne peut se résoudre à l’approcher sur son lit de mort comme le font tous les membres de sa famille, les voisins, les amis… par respect des convenances.

Vlad, exilé, sans papiers, ne doit absolument pas se faire remarquer tant que sa mère et lui, seuls rescapés de leur famille, n’auront pas obtenu ces sacro-saints papiers.

Margot, jeune pianiste, joue pour son père, ou tout au moins l’espère à son concert pour qu’il lui pardonne les mots de rejet et de dégoût qu’elle lui a lancés en pleine face il y a déjà plus de trois ans.

Louis est amoureux de Marine. Mais Louis ne fait rien en classe, ni chez lui. Et Marine lui demande de « le lâcher » !

Maria vit avec Mama Lia dans un tout petit studio en haut d’un vieil immeuble. Quel lien unit la vieille femme et la jeune fille ? Grand-mère et petite-fille ? Seule une affection au-dessus de tout les unit depuis qu’elles ont fui. Et Mama Lia raconte pour que les souvenirs restent.

Samira et Julien s’aiment. Au point que Samira attend un enfant de Julien, une petite fille que la jeune fille a déjà baptisé Aurore. Mais leur amour est interdit. Samira est en foyer. Parviendra-t-elle à fuir avec Julien à Paris avant qu’il ne soit trop tard ?

Et puis ces anonymes. Elle qui expose sur son blog chaque partie de son corps l’une après l’autre, lui qui rêve de partir se battre là où la guerre fait rage, là où les corps ne sont plus rien, que des morceaux sans âmes…

Durs, n’est-ce pas tous ces portraits, tous ces récits ? Une souffrance rentrée, cachée, révélée d’un coup, exposée. Une souffrance exacerbée. Une souffrance qu’on voudrait ne pas voir, ne pas connaître, ne pas sentir et qui, soudain, nous explose en pleine figure, en plein cœur.

C’est ce que nous montre chacune de ces nouvelles. C’est fort, puissant, extrêmement bien écrit et on y croit. Hélas….

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Alex-Mot-à-Mots 20/02/2015 08:58

Des bonnes nouvelles ? Chic !

Martine 20/02/2015 10:13

D'excellentes, tu veux dire!!! Bises, Alex

Pahi 19/02/2015 21:47

Coucou Martine,
Je viens de terminer un livre très dur de Karine Silla (cf. mon blog), mais l'on apprend aussi beaucoup de choses à l'occasion de telles lectures. Donc, je note et je le caserai entre deux lectures plus légères.
Gros bisous, la jumelle ;-)

Martine 20/02/2015 10:12

Je vais lire ton billet de ce pas! Merci ma chère Jumelle! Gros bisous et bonne journée!