Le soupirant

Publié le par Martine

Le soupirant

Premier roman de ma chère Isabelle Minière publié chez Jean-Claude Lattès, Le soupirant n'est pas comme comme je le pensais tout d'abord, un jeune homme amoureux soupirant après sa belle. Non! Ce n'est pas ça du tout! Même si d'amour, il en est fortement question.

Ce soupirant, c'est le père de la narratrice. Un père malade qui n'en finit pas de mourir, depuis des années... Et ce jour-là aussi, jour de son anniversaire, alors que toute la famille, sa femme et ses trois enfants (deux filles et un fils), sont réunis pour le fêter, il veut mourir. Du moins,c'est ce que tout le monde pense, son épouse en premier lieu, qui l'a conduit direct à l'hôpital. Mais si toute la famille semble convaincue de vivre le dernier jour du père, ce n'est pas le cas du jeune interne qui l'a pris en charge. Et pendant que la mère de la narratrice, sa soeur aînée, son frère et elle patientent, enfermés dans leurs pensées, le père "agonisant" se met à soupirer. Et chacun va, en cachette de l'autre, se mettre à compter ses fameux soupirs. Jusqu'au dernier?!!

Je n'en dirai pas plus sur cette présentation.

Ce que je peux vous dire par contre, c'est combien encore j'ai apprécié ce récit d'Isabelle Minière. L'humour, l’auto-dérision, les personnes plus vraies que nature (j'avais l'impression incroyable d'entendre et de voir ma mère dans les propos et les attitudes de celle de la narratrice!) sont omniprésents.

Toute la qualité de ce récit réside dans l'unité : unité de lieu (une chambre d'hôpital) et unité de temps (une après-midi). Et, avec ces contraintes, Isabelle Minière nous dresse une histoire cocasse, impertinente et saugrenue.

Il faut dire que tous "en tiennent une sacré couche"!! La mère d'abord qui se complait dans son rôle de femme humble et ô combien méritante. La fille aînée ensuite qui a vécu une histoire d'amour malheureuse et s'identifie de plus en plus à sa mère. Le frère qui semble à part, à distance de cette famille de fous mais qui s'y raccroche autant qu'il le peut. Et puis la narratrice, Elodie, qui a pris son indépendance, habite dans un petit appartement, travaille comme vendeuse, mais ne sait plus très bien comment elle s'appelle! Car Elodie n'est pas son prénom à elle. C'est celui de la fille de sa patronne, décédée dans un accident, que celle-ci lui demande de porter pour le simple fait de le prononcer encore! Si bien qu'"Elodie" s'est peu à peu identifiée à cette défunte aux dépends de sa propre identité. Dure comme situation! Folle, même!

Mais un grand moment de lecture. Jubilatoire!

J'ai emprunté ce roman paru en 2001 à la bibliothèque annexe du Plan jeudi dernier et l'ai lu dans la foulée. Un vrai bonheur!...

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Pahi 22/01/2015 14:10

Eh bien, eh bien ...
Ta critique "réveille" certains personnages que j'ai connus ! Je me le note, reste à voir si j'ai le courage de le lire malgré les touches d'humour :)
Gros bisous, Martine, et bon après-midi.

Martine 23/01/2015 08:18

Toi aussi, Denise?!!! ça ne m'étonne pas vraiment. Il est difficile à trouver. Seulement en médiathèque pour moi. Gros bisous et belle journée, ma chère amie!