Rue des Brasseurs

Publié le par Martine

Rue des Brasseurs

J'ai connu Denis Riguelle, ou plus exactement sa "plume" lors de la parution de son recueil de nouvelles "Du côté d'elles" chez Quadrature. Aussi, lorsqu'il m'a contactée, via Facebook, pour me faire part de la sortie de son roman "Rue des Brasseurs" chez Weyrich Editions, j'ai eu envie de retrouver son écriture et de le lire.

Ce roman de quelques 190 pages se lit comme un roman policier. D'entrée de jeu, il nous captive et nous tient jusqu'au bout, activant ainsi notre rythme de lecture.

Pour ceux qui, comme moi, ne le sauraient pas, cette "Rue des Brasseurs" se situe à Namur en Belgique. C'est là qu'exerce Franz Racine, un professeur apparemment sans histoire. Sauf qu'un matin, en se rendant sur son lieu de travail, il renverse une jeune fille qui porte une troublante robe rouge. Est-ce cela qui a distrait son attention une seconde de trop? Comment savoir? Surtout que cet accident semble n'avoir causé aucune séquelle, ni gravité.

Mais c'est compter sans la présence, inopinée, du voisin de Franz, Marc Barbot, qui a assisté à cet accident. Accident qui, pour lui, n'en est pas un! Obsédé par le souvenir de son éducation religieuse et d'un Dieu culpabilisant, Barbot s'affiche comme un juge implacable qui, seul, peut faire la différence entre le bien et le mal.

Franz Racine pourrait alors se moquer de cette condamnation sans appel sauf que, lui aussi, traîne derrière lui un lourd passé et notamment celui d'un amour malheureux qu'il s'efforce d'oublier dans son travail, la pratique du saut en longueur et la contemplation de la Namourette et de ses eaux troubles.

Une issue de secours est-elle possible pour Franz Racine ou va-t-il devoir s'avouer coupable?

C'est ce que Denis Riguelle nous appelle à découvrir dans cette Rue des Brasseurs si bien nommée.

Si je n'ai pas retrouvé la légèreté de ton découverte dans Du côté d'elles, loin s'en faut, j'ai beaucoup apprécié cette lecture qui s'envisage vraiment comme un polar, et du bon polar. Le sujet se tient et son écriture en est parfaitement maîtrisée. Malgré soi, on se laisse entraîner dans ce climat de suspicion et de rédemption dans lequel les deux protagonistes évoluent, l'un de son plein gré et l'autre par la force des choses. Insidieusement on sent que quelque chose va permettre de sauver Franz mais quoi? L'effet de surprise joue alors pleinement et nous émeut tout à la fois.

Une très bonne lecture, du plaisir à retrouver le style d'écriture de Denis Riguelle et d'en apprécier cette nouvelle facette.

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olivier 28/04/2014 20:52

J'ai eu la chance et le privilège de suivre les cours de français de Denis pendant 2 ans il y a de cela bien longtemps. J'en garde un très agréable souvenir et notre classe d'option a été la première à présenter un spectacle théâtral orchestré par ce grand monsieur. Je n'aurai qu'une cchose à dire pour conclure cette intervention:MERCI DENIS!

Martine 29/04/2014 09:37

Et moi, j'ajoute "Merci Olivier!" pour ce beau témoignage! Merci!